Une histoire de Résilience

Une histoire de Résilience

Je crois qu'il est grand temps que je parle. Parce que je vis des moments pas trop "rigolos" en ce moment, je me suis repliée sur moi et j'ai pris la décision de parler. L'histoire qui doit être dite, pour soi, entendue par les autres aussi. 

Comment j'en étais arrivée là? Pourquoi moi? 

Ce cancer a ouvert les vannes... 

On me parle souvent de résilience, et je pense qu'on vous bassine avec ça. Je ne me suis jamais définie comme une personne résiliente. J'avais simplement appris à me battre, à me relever. Ma devise était "marche ou crève". J'ai bien failli en crever...

Tout commence dans l'enfance, une grand mère déséquilibrée, remplie de haine qui pour des raisons qui lui appartiennent avait décidé qu'elle me détesterait. Elle m'a détestée avec une ténacité rare! Avec le consentement d'une mère faible et narcissique. Mais comme l'histoire est bien faite, mon père s'efforçait d'être le rempart à cette maltraitance psychologique, lorsqu'il était là. Et heureusement! Il a été mon héros, mon exemple, mes rails. Et je lui en ai fais voir de toutes les couleurs. Petite Romy, devenue clown...Comme beaucoup d'enfants qui cherchent à être aimés. Je suis devenue extravertie, extravagante, voyante! 

Marche ou crève... 

J'ai marché. 

En chemin j'ai rencontré celui que je pensais être le prince charmant. D'abord il était fou amoureux de moi, c'était un bon début pour la petite Romy tapie à l'intérieur, et il était vraiment charmant. Au point que ma grand mère a jugé utile de dire qu'en fait il ne pouvait pas vraiment m'aimer, que j'étais un second choix...L'édifice "amour" en prenait un coup. C'est vrai quoi! Qu'est ce qu'il pouvait bien me trouver? Le ver était dans le fruit, mon cerveau venait de réactiver l'information "tu n'es pas belle, pas intelligente...tu ne vaux rien"

Ah les paroles, ce venin qu'on injecte dans les jeunes cerveaux et qui empoisonnent toute une vie. 

Je me rends compte très vite que le prince charmant a un sérieux penchant pour la polygamie. Le roi du mensonge était entré dans ma vie et je pensais que tout cet amour qu'on avait serait plus fort. Tu parles Charles! Que nenni! Il a juste appris à mieux mentir. Je n'ai rien vu pendant des années.  Il s'est révélé très doué dans le dénigrement, et au bout de quelques années, j'avais intégré que j'étais une sous merde. Je n'étais plus moi. J'avais perdu toute confiance en moi, je m'étais laissée éteindre. 

Et je suis tombée enceinte. Un deuxième bébé. Je ne voulais pas. Il pleurait de joie. Encore une fois je ne comprenais rien. J'étais perdue. J'ai posé des conditions. Plus de maitresses. Je recommencerai à travailler etc. Il a dit oui à tout. Et Anthony est arrivé. Et il a recommencé à me tromper. 

Et il a recommencé à m'offrir des bijoux sublimes, me faire des déclarations éperdues. Au fond je n'y croyais plus, mais je devais tenir. Comme beaucoup de femmes pour mes enfants. 

Mais la douleur...Cette douleur.

Je sais la douleur de perdre quelqu'un que l'on aime. Mais cette douleur que provoque la trahison est insoutenable. L'impression qu'on vous plante un pieu dans le coeur et qu'on vous regarde saigner. Cette douleur qui renvoie tellement aux douleurs de l'enfance, à l'abandon est certainement la plus insupportable. D'autant plus grande quand tu viens d'avoir un bébé. Tu es si vulnérable, si fragile. Une période où l'amour devrait être partout. 

La souffrance envahissait tout. Je n'étais plus capable d'analyser quoique ce soit. Pourtant dans ce chaos, j'ai repris mes études. Je savais que je ne pouvais plus réintégrer une compagnie aérienne ayant dépassé l'âge limite pour reprendre, il fallait donc que je trouve du travail très vite. J'ai demandé le divorce, il a refusé...Pendant deux ans. J''ai vécu un enfer. Avec un homme qui rentre à la maison et te jure que tu es la femme de sa vie, et qui repart dans la foulée rejoindre sa maitresse, un père absent qui ne veut pas entendre parler de ses enfants... J'ai pleuré. Des rivières! Des torrents! J'ai cru que je n'en finirais jamais de pleurer. Je me disais "punaise, mais d'où viennent ces pleurs?" Je le savais, évidemment. Ils venaient de la petite Romy, qui avait appris à se taire et à ne pas pleurer. Ils venaient enfin ces pleurs retenus pendant des années. Je pleurais pour mes enfants, je pleurais sur cet amour perdu, mais je pleurais aussi sur moi. 

J'aurais pu accepter de rester. Une vie en demi teintes, une vie de mensonges et de paraitre. Une vie de rêve certes. Il m'arrive quand je n'arrive pas à payer une facture de me dire "mais quelle imbécile! tu avais tout". Et une petite voix me murmure "tout ...et le reste!"

Marche ou crève.

J'ai marché.

La maladie est venue me rappeler que je n'avais pas réglé mes "problèmes". Elle est venue frapper d'abord aux poumons, la tristesse et la colère apparemment *voir lien plus bas

Manifestement je n'ai pas compris la première fois. Le cancer est donc venu me frapper en plein dans ma féminité. Cette féminité qui avait pris une telle claque des années auparavant. Une claque. Je m'étais relevée. J'avais marché. 

Aziza est peut être la réponse. En tout cas elle est le résultat. Elle est faite de ce que je suis. Ma petite entreprise est celle d'une femme qui a souffert parce qu'elle avait oublié l'essentiel : Elle. 

Alors je ne sais pas si mon long fleuve pas tranquille fait de moi une résiliente, mais je sais me relever. 

Ne laissez personne vous définir, n'oubliez jamais qui vous êtes. Respectez vous. Le reste suivra! 

Romy 

Si vous voulez en savoir plus sur le lien  entre les émotions et la santé voici un site qui vous éclairera 

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